Junior Entrepreneurs Suisse durant la conférence européenne des Juniors Entreprise.
Junior Entrepreneurs Suisse durant la conférence européenne des Juniors Entreprise.

Pour beaucoup, l’existence de Juniors Entreprises (JE) n’est pas inconnue mais leurs activités et leurs buts restent flous.

Ces associations sont gérées par des étudiants de diverses écoles qui sont aussi appelés Junior Entrepreneurs.  Les JE sont, selon notre vision, basées sur un principe de win-win. En effet, les entreprises qui mandatent une Junior Entreprise ont accès à des prestations à prix avantageux, avec possibilité de trouver de futurs employés qualifiés. Quant aux étudiants, ils ont l’opportunité de remplir des mandats pour des entreprises et de mettre en application ce qu’ils apprennent en cours, tout cela dans un environnement amical mais professionnel.

Il y a dix JE en Suisse et 365 en Europe comptant plus de 30’000 juniors entrepreneurs. Depuis le 25 avril 2020, la Junior Initiative de la Haute Ecole de Sierre (HES) est devenue officiellement « Junior Entreprise Valais » (JEVS). Piranavan Thambirajah (ancien président) et Mathieu Kohl (vice-président) nous ont parlé de ses débuts.


Comment vous est venue l’idée de créer une Junior Entreprise ?

Piranavan : Durant ma 4ème année d’apprentissage en informatique, j’ai monté une mini agence digitale pour la région Montreux-Lausanne. Après avoir débuté ma formation à la HES, je n’avais plus suffisamment de temps pour continuer mes mandats mais d’anciens clients revenaient vers moi. Je me suis donc tourné vers le responsable de filière pour lui demander conseil. Il m’a parlé de la Junior Entreprise de l’EPFL et m’a proposé de créer une équipe motivée pour un projet similaire à Sierre. Avec cinq étudiants de ma classe, nous avons décidé de nous lancer.


Qu’est-ce qui vous a poussé à lancer ce projet ?

Mathieu : Lorsque Pira m’a parlé de cette idée, je l’ai directement trouvée intéressante. Ce qui m’a définitivement convaincu, c’est le côté entrepreneurial : le fait de créer quelque chose qui va perdurer dans le temps mais aussi de montrer qu’il est possible de lancer de nouveaux mouvements encore aujourd’hui.

Piranavan : J’aimais bien l’idée de monter une structure d’étudiants qui puisse rester en place lorsque nous aurons fini notre bachelor. En plus, cela nous donne la chance de pouvoir se former dans ce qui nous intéresse. C’était aussi l’occasion parfaite de nous créer un réseau avec des contacts essentiels pour notre avenir professionnel comme personnel.


Comment se sont passés vos premiers mandats ?

Mathieu : Au début, j’ai trouvé difficile de rencontrer et travailler avec des personnes que je ne connaissais pas. Mais au fur et à mesure, je me suis senti plus à l’aise et ça m’a fait grandir.

Piranavan : J’ai tout de suite remarqué la différence entre le Valais et Vaud. Ici, une des premières questions qui arrive dans une conversation avec des clients concerne le fait de se tutoyer alors que dans le canton de Vaud, il est inconcevable de ne pas les vouvoyez. Ce qui m’a semblé le plus compliqué était surtout de parler aux clients du prix de nos services. Avant la JE, il m’arrivait régulièrement de fournir les mêmes services pour des proches sans pourtant être rémunéré.


Quels sont vos mandats les plus importants à ce jour ?

Mathieu : Fin 2019, la Police Cantonale nous a demandé de refaire leur site internet. À la suite de la fusion des polices municipales de Sierre et Sion, cette démarche était nécessaire puisque leurs besoins avaient changé. Comme la création de la Police Régionale des Villes du Centre (PRVC) est récente, des informations sont encore manquantes et le projet est donc encore en cours. Au total, un tel mandat nous demande environ 80 heures de travail.

Piranavan : Le 14 novembre dernier, la HES nous a mandaté pour une campagne marketing autour de l’évènement de la Nuit des Carrières. Au programme, des ateliers sur thématiques professionnelles, un concours visant à récompenser le meilleur speech d’auto-promotion mais aussi des discussions avec des personnes expérimentées et pouvant donner de bons conseils. Nous nous sommes occupés de créer des flyers, de gérer les réseaux sociaux et nous avons également mis en place un plan ambassadeur. Plusieurs personnes de chaque filière de la HEVS ont été recrutés pour promouvoir l’évènement dans leurs classes. Tout cela a permis de réunir une centaine de personnes ce qui est impressionnant car l’évènement se déroulait en pleine semaine et pendant nos examens de contrôles continus.


Il y a eu d’autres Juniors Entreprises qui ont débuté en Valais mais n’ont jamais perduré dans le temps. Quels sont les défis que la Junior Entreprise actuelle doit relever pour évoluer sur le long terme ?

Piranavan : Le plus gros défi est le passage de flambeaux. Il ne faudra pas perdre notre motivation et notre savoir lorsque nous cèderons les commandes aux prochains étudiants. Pour cela, il nous faut une structure fixe, bien automatisée et documentée pour que les nouveaux puissent savoir exactement ce qu’ils doivent faire. Cette année, nous allons faire le premier changement de comité, nous espérons qu’il se déroulera au mieux : ce sera le moment de voir ce qui ne marche pas et ce qu’il faudra améliorer pour plus tard. Dans tous les cas, les objectifs futurs resteront la pérennité dans le temps et la bonne réputation auprès des étudiants des Hautes Ecoles et des entreprises.

L’important pour la Junior Entreprise Valais, c’est de toujours faire mieux que l’année précédente !